Le temps où l’on qualifiait l’adolescence d’âge bête n’est pas si éloigné. La prise de risque inconsidérée, la quête de sensations fortes, les attitudes agressives, y compris à l’égard de ses propres parents, sont des comportements observés chez les jeunes et qui sont généralement mal compris par les adultes. Mais sait-on ce qui se passe dans leur cerveau?

Importantes transformations au cours de l'adolescence
Ces comportements sont le reflet des importantes transformations qui s’opèrent dans le cerveau humain entre douze et vingt ans, voire vingt-cinq ans. C’est comme si un vaste chantier s’ouvrait. La quantité de matière grise contenant les noyaux des neurones et les connexions synaptiques augmente durant l’enfance et culmine vers l’âge de treize ou quatorze ans, en particulier dans la région du cortex préfrontal, qui change le plus radicalement à l’adolescence. Cette partie du cerveau est impliquée dans toute une série de fonctions cognitives supérieures, comme la prise de décisions, la planification, l’inhibition de comportements inadaptés ou les interactions sociales. De nombreuses connexions inutiles troublent alors les processus cognitifs chargés des fonctions exécutives. L’adolescent va avoir de la difficulté à se positionner ou va surréagir à un événement extérieur apparemment sans gravité.

Grande sensibilité au plaisir de se mesurer
Parallèlement, le système limbique, impliqué entre autres dans le traitement des émotions et de la récompense, s’avère être hypersensible au plaisir de se mesurer à une situation difficile durant l’adolescence, alors que le cortex préfrontal, qui empêche la prise de risque excessive chez l’adulte, est encore en plein développement. Cela explique pourquoi les adolescents vivent souvent plus dangereusement.

Augmenter la performance
Plus tard, on observe une lente diminution de la matière grise, en particulier dans le cortex préfrontal ; le cerveau a commencé à élaguer les connexions inutilisées afin d’ajuster le tissu cérébral aux exigences de l’environnement propre à chacun. La performance des neurones est ensuite augmentée par un phénomène de myélinisation, soit l’enrobage des axones par une couche isolante appelée myéline qui rend les connexions quelque 3000 fois plus rapides. Ce double phénomène prépare le cerveau à fonctionner comme un système bien intégré et adapté à son environnement dès l’âge adulte, vers vingt-cinq ans.

Impact sur les apprentissages
La communauté des neurosciences pense généralement que les processus d’apprentissage s’opèrent selon le principe connexionniste : pour retenir l’information, les réseaux synaptiques se modifient en créant de nouvelles connexions entre les neurones. C’est la plasticité synaptique. Le développement du cerveau dépendrait donc des interactions entre l’organisation cérébrale de base ou génétique et l’environnement. La notion d’intelligence innée et figée étant dépassée. Si d’importantes restructurations sont constatées jusque vers vingt-cinq ans, on a aussi observé que les apprentissages continuent à modifier l’architecture fonctionnelle du cerveau tout au long de la vie. Les dernières découvertes en la matière expliquée par Olivier Jorand le 1er septembre 2017 à Neuchâtel, à l’occasion des conférences organisées pour les 30 ans de La Fontanelle.

 

Participer à la conférence "Comment les neurosciences impactent l'éducation" le vendredi 1er septembre 2017

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