Aux jeunes en déroute, confrontés à une situation d’échecs scolaires ou professionnels et traversant une période de profond désaccord avec sa famille, nous proposons les séjours de rupture comme une alternative à un placement ou comme un intermède stimulant dans un travail d’insertion sociale en cours dans une institution.

Vision
La Fontanelle croit que chaque jeune a besoin d’aventures pour son développement social, affectif et existentiel. Par la confrontation à des réalités qui mettent en évidence de vrais besoins, le franchissement d’obstacles à priori insurmontables et l’expérimentation du respect et de la solidarité, l’adolescent va développer de nouvelles ressources, prendre confiance en ses capacités et donner du sens à son intégration dans la société.

Objectif
Prendre du recul et révéler de nouvelles perspectives.

Approche
La Fontanelle invite ces adolescents à entrer dans une démarche d’expérimentation pour comprendre. Le but est de les amener à tisser un lien fort avec le groupe et d'acquérir de nouvelles stratégies relationnelles et comportementales à partir de la pratique et de la confrontation avec la réalité. Placés dans des conditions de vie difficiles, ils sont contraints de laisser tomber les masques et conduits à faire l’apprentissage de la vie en étant engagés avec le corps, la pensée, l’esprit, les comportements et les émotions. La part de risques présente dans cette forme aventurière d’accompagnement répond aux besoins d’adolescents qui cherchent le danger pour se sentir exister d’une manière singulière. Cette approche a aussi la forme d’un rituel de passage à la vie adulte, qui passe par la confrontation et la résolution d’un défi. Les données du défi sont maîtrisables de façon autonome après un temps d’adaptation et d’apprentissage. Elle recourt aussi à l’activité sportive comme moyen de s’approprier son corps. Confronté à des limites déniées jusqu’alors et dans l’impossibilité de recourir à des produits psychotropes, le jeune ressent mieux ses besoins et se confronte à la nécessité de prendre soin de sa personne. La mise en mouvement de ce corps meurtri par une vie déstructurée accélère le processus de reprise en main de l’identité corporelle. Plus sûr de lui, plus épanoui, le jeune peut alors prendre conscience de sa capacité à créer un nouveau mode de relation aux autres et au monde qui l’entoure.
Se retirer pour mieux rebondir
Pour vivre une rupture momentanée... (en temps et en espace) d'une situation de crise et amorcer une prise de conscience. Le pays choisi offre, par son éloignement géographique, une rupture réelle avec la Suisse. Le jeune va prendre du recul pour mieux se comprendre, s’ouvrir aux autres et au monde qui l’entoure. ... sans échappatoire. L'immensité des forêts et les multiples rivières et petits lacs restés intacts permettent de vivre et de se déplacer pendant des semaines loin de la civilisation. Une telle expérience oblige chacun à s'engager, un comportement irrationnel étant en permanence confronté aux forces de la nature. Personne ne peut se cacher derrière une apparence ou se tromper soi-même. Afin de découvrir et développer ses ressources ... Les grands espaces sous-peuplés et isolés exigent pour chaque déplacement une part importante de réflexion et d'énergie, une découverte de ses forces et de ses limites. Face à l’inconnu, des capacités créatives, intellectuelles et corporelles, souvent méconnues jusqu’alors, se développent et permettent de répéter des scénarios de réussite dans des situations difficiles, augmentant la confiance en soi. ... et apprendre à vivre avec d'autres personnes. Lors de ces aventures, il n'est pas possible de vivre de façon individuelle. Chacun a une responsabilité par rapport à l’autre et doit effectuer sa part de travail afin de permettre la survie du groupe (monter le campement, chercher le bois, cuisiner, pêcher, etc....). Dans ces conditions de vie, une personne ne peut pas rester longtemps détachée du groupe. L'apprentissage du respect de soi et des autres offre les bases pour une vie sociale constructive.