Quelle image ou quel mot te vient à l’esprit à l’évocation de La Fontanelle ?
Le challenge et la recherche de soi, de qui on est vraiment, qui ont pourrait être, de quoi on est capable, la conscience de soi aussi. Et la Norvège, les paysages que j’ai vus avec tous ces voyages.

De quelle façon ton placement a-t-il influencé le cours de ta vie ?
Ca m’a appris à persévérer dans la vie professionnelle et la vie en général, comment ça fonctionne, comment elle est dure…

Qu’aurais-tu changé si tu avais eu une baguette magique ?
Peut-être certaines règles étaient trop strictes. En vrai, je n’aimais pas la règle sur les gros mots, maintenant ça me fait plutôt rire…

Te souviens-tu d’une activité qui t’avait particulièrement plu et pourquoi l’aimais-tu ?
Le cheval, l’équitation au manège parce que j’ai toujours aimé l’équitation et le contact avec le cheval. Sinon, j’aimais beaucoup l’atelier créatif avec Mimi.
Mais surtout j’ai aimé l’art thérapie avec Adrienne.

Y a-t-il une pièce ou un lieu dans le foyer que tu aimais particulièrement et pourquoi ?
J’aimais bien dehors, le coin fumeur parce que j’aime beaucoup les paysages et il y a une belle vue. J’aimais bien le balcon du 2ème étage à cause de la vue aussi.

Le foyer n’accueille que des filles. Avec le recul, peux-tu donner un avantage et un inconvénient lié à cette particularité ?
Les inconvénients, c’est que les disputes c’est plus fréquent, plus hardcore, mais en vrai avec les mecs il y aurait aussi des disputes. L’avantage de n’être que des filles ça résoud le problème des relations sexuelles. Et aussi les gars peuvent être violents, être jaloux, et les histoires avec les filles auraient rendu les choses difficiles…
Au final, c’est mieux qu’il n’y ait que des filles.

Raconte un souvenir fort de la période passée au foyer
Il y a une phase où j’ai beaucoup pleuré, je n’étais vraiment pas bien, c’était au début de mon placement, c’était le choc de me retrouver là, je ne voyais plus le but de ma vie, je grévais beaucoup, … Ca a duré à peu près deux semaines, puis je suis partie en camp.

Raconte un souvenir marquant que t’a laissé un camp
Quand on a eu la grêle en Norvège et qu’on a fait le portage. Dix minutes après le début du portage, il a commencé à grêler, c’était violent, on devait s’arrêter à chaque moment pour vider les canoés, c’était hardcore.

En Auvergne, je suis tombée dans le toboggan, j’ai été prise dans le tourbillon et j’ai failli me noyer... Heureusement qu’Esther a plongé et est venue me chercher au fond de l’eau.

Quelle était ta relation avec ta famille au moment du placement et comment a-t-elle évolué ?
Pas top. Mais après elle a un peu évolué en bien mais ça n’a pas duré longtemps. J’ai quitté le domicile de ma famille à mes 18 ans, c’était trop compliqué de cohabiter avec mon père.  Aujourd’hui encore c’est compliqué.

Quelle image ou quel mot te vient à l’esprit lorsque tu penses à ta famille ou tes parents ?
Déchirement

Ton placement a-t-il eu une influence sur ce que tu es devenue aujourd’hui ?
Ah oui je pense, oui. Pas tout, parce que j’ai encore grandi ensuite.
Ca m’a changée dans ma manière de voir les choses dans la vie, je suis devenue quelqu’un qui voulait plus se battre pour aller de l’avant, à moins se plaindre des moindres choses, j’étais plus égayée par les petites choses, j’avais moins envie de boire de l’alcool, de sortir…